Créer un réseau international de données de compétences centré sur la personne

Le 19 février 2020, la Commission européenne a dévoilé sa nouvelle stratégie en matière de données, annonçant des investissements de 4 à 6 milliards d’euros pour créer une infrastructure pour la libre circulation des données. Cette infrastructure sera dotée d’une gouvernance, de normes, d’opérateurs et d’espaces de données sectoriels (mobilité, santé, compétences, agriculture, green deal, administration, industrie, énergie, agriculture). Pour les données personnelles, l’infrastructure sera centrée sur la personne, les consentements étant gérés indépendamment des services (séparation des pouvoirs) par des opérateurs comme Visions, ce qui permettra aux personnes d’avoir le plein contrôle de leurs données sans dépendre d’un seul service.

Ces principes, cette infrastructure et cette architecture ont été validés en Novembre 2020 dans le cadre du Data Governance Act de la Commission. La Commission Européenne a également annoncé la création d’un espace européen commun des données relatives aux compétences, « afin de réduire l’inadéquation des compétences entre le système d’éducation et de formation, d’une part, et les besoins du marché du travail, d’autre part » (Stratégie Européenne de la Donnée 2020, Commission Européenne). Concrètement cet espace de données permettra à une personne de simplement et automatiquement faire circuler ses données (compétences, expériences professionnelles, formations, situation, hobbies, …) entre les acteurs de l’emploi, de la formation et de l’inclusion via un opérateur de gestion de ses consentements.

Cet espace de données a besoin de normes (juridiques, commerciales, techniques, design/UX) pour fonctionner et permettre un échange de données efficace en assurant une confiance entre les acteurs s’échangeant la donnée. Ces normes doivent être ouvertes et gouvernées pour permettre à toutes les Parties prenantes de bénéficier de cette infrastructure sans qu’un seul acteur ne prenne la main sur l’ensemble. Ces normes doivent assurer que la personne conserve toujours le contrôle de ses données et puisse gérer ses autorisations et consentements depuis un outil à la fois indépendant des sources de données et interopérable (l’opérateur). Aujourd’hui, ces normes n’existent pas, nous avons besoin de recherche, d’expérimentation et de coordination pour faire fonctionner cet espace de données.

Visions travaille depuis 2016 sur la portabilité des données personnelles, en fournissant un outil, VisionsTrust, qui met en œuvre le principe de séparation des pouvoirs. Visions est donc un opérateur qui permet à la personne de gérer ses consentements sur l’accès et le partage de ses données personnelles. Visions est co-fondateur d’aNG et dirige au sein d’aNewGovernance (aNG) la Skills Alliance. La Skills Alliance réunit 40 organisations (universités, organismes de formation, agences nationales pour l’emploi, employeurs, plateformes) de 6 pays pour travailler sur les normes de circulation des données de compétences à partir de projets concrets au service de l’orientation et de l’éducation, afin de partager les meilleures pratiques et de définir ces normes. Nous travaillons a créer des réseaux de données de compétences au service de l’éducation, de la formation et de l’orientation tout au long de la vie. Nous y travaillons avec différentes universités (Paris 1, Lille, Cergy-Pontoise, La Haye, Tampere, Stanford, Accra, …), des acteurs publics (Pole Emploi, CPF, Régions, etc), des OF (OpenClassrooms, Simplon, …), des employeurs et des applications EdTech et JobTech.

aNewGovernance (aNG), association internationale en cours de création, a été lancée en 2019 par la publication d’un Livre Blanc réunissant 50 organisations de 15 pays décrivant le besoin de normes et de gouvernance pour les standards de portabilité des données. aNG travaille avec plusieurs parties prenantes (public, privé, académique, à but non lucratif) pour définir des standards à partir d’expérimentations concrètes. aNG a le soutien de la Commission européenne par le biais de la DG Connect et de M. Vestager. L’objectif d’aNG est de fournir un espace où les organisations peuvent discuter et expérimenter des normes pour la libre circulation des données personnelles de manière ouverte, démocratique et ascendante.

Nous souhaitons unir davantage d’organisations à travers le monde pour contribuer à cette nouvelle infrastructure.

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